Mon intervention pour la résolution visant à affirmer le rôle déterminant des territoires pour la réussite d’un accord mondial ambitieux sur le climat

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Dans la perspective de la 21ème Conférence des parties membres à la Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP21), je suis co-signataire de la proposition de résolution, visant à affirmer le rôle déterminant des territoires pour la réussite d’un accord mondial ambitieux sur le climat. Celle-ci fait suite à la rédaction du rapport d’information « changement climatique : solutions territoriales en outre-mer »

La résolution a été examinée et adoptée à l’unanimité dans la nuit du lundi 16 novembre 2015 par la chambre haute. Vous retrouverez ci-dessous mon intervention à l’hémicycle :

 

 

Monsieur le Président, Madame la Ministre, Mes chers collègues,

Aujourd’hui, devant le Parlement réuni en Congrès, le Président de la République a réaffirmé que la COP 21 sera maintenue malgré les évènements dramatiques de ces derniers jours et, c’est ce que nous pouvions espérer de mieux, car c’est une nécessité.

En effet, lors de ce sommet les pays du monde entier se tiendront debout ensemble à Paris pour réaffirmer que non seulement ils veulent vivre ensemble dans un monde libre et démocratique mais qu’en plus ils veulent « bien vivre ensemble », œuvrant ainsi en pleine conscience sur la nécessité d’agir contre le réchauffement climatique.

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En préparation de la Conférence de Paris, le Sénat, à l’initiative que je salue du Président Larcher, s’est mobilisé afin de contribuer activement à la réflexion et aux négociations. Cette mobilisation a pris de nombreuses formes (colloques, missions, rapports) et la Commission de l’aménagement du territoire et développement durable a été chargée de la coordination des différents travaux menés par les commissions et les délégations du Sénat.

Ainsi, à la faveur du caractère transversale de la problématique, la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, en accord avec la délégation à l’outre-mer, a confié à mon collègue Jérôme Bignon et moi-même, après la mise en place d’un groupe de travail, la rédaction d’un rapport relatif à la biodiversité des outre-mer face aux enjeux du changement climatique. Nous nous sommes concentrés sur six thématiques:

  • la biodiversité
  • Les énergies renouvelables
  • L’eau une ressource en voie de raréfaction
  • La préservation et la gestion des risques
  • L’éducation au développement durable.
  • L’objectif politique est de donner une visibilité propre aux DROM-COM, dans le débat sur les conséquences du changement climatique… Les outre-mer ne doivent pas être les oubliés, possédant 80% de la biodiversité, aussi avec une superficie de 11.035 000 km2, la France possède avec les OM la deuxième plus grande zone économique exclusive (ZEE) du monde, après les États Unis.

Les conclusions et propositions du rapport viendront, nous l’espérons, nourrir la proposition de résolution qui discuté ce soir.

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Notre rapport a privilégié une approche territoriale en adéquation avec la mission constitutionnelle du Sénat et nous avons concentré notre réflexion sur l’adaptation aux dérèglements et au réchauffement climatiques des politiques publiques menées dans nos outre-mer, tout en mettant l’accent sur les projets innovants ou emblématiques.

Nous pensons en effet que le modèle linéaire – extraire, produire, consommer, jeter – arrive nécessairement à son terme et nous croyons fermement qu’il est impératif de faire évoluer le schéma vers une économie circulaire fondée sur le principe que les déchets des uns peuvent devenir la matière première des autres.

La valorisation énergétique des déchets constitue une des applications de l’économie circulaire, car « elle offre notamment des énergies des énergies de substitution aux énergies fossiles. Elle pourrait contribuer de manière très significative aux objectifs de réduction du CO2 ». En effet une tonne de déchets ménagers peut produire 700 kilowatt-heure (KWH) d’électricité. Cela permet de prendre toute la mesure du potentiel de cette source d’énergie….l’exemple de Saint-Barthélémy.

La COP21 doit donc « s’inscrire dans un mouvement structurel de transformation de nos modèles de production et de consommation.

Pour cela, nos territoires ultramarins, en dépit de leur grande vulnérabilité liée à une exposition accrue aux risques naturels et aux conséquences du changement climatique, constituent une énorme chance pour la France.

Une chance pour notre pays d’apporter une contribution majeure aux recherches et expérimentations menées en matière de lutte contre le changement climatique et d’adaptation à ces évolutions.

Et ceci est vrai dans tous les domaines, par exemple :

  • L’Agriculture par l’adoption de modèles agricoles plus résilients ;
  • Le développement du jardin créole, qui permet de réduire les émissions de GES, cher aux docteurs Mrs Henri Joseph de phytobokaz et Ozier-Lafontaine de l’INRA
  • La gestion de l’eau et aux variations de pression hydrique,
  • Les énergies renouvelables : solaire ou marine et la valorisation des déchets, je pense notamment à la gestion de la biomasse ;
  • Aux recherches en matière de phyto- pharmacopée, l’exemple des sargasses est probant en la matière, en effet, les conclusions du groupe de travail sargasse ont démontré l’étendue de leur potentiel de valorisation, en particulier en pharmacologie et pour l’industrie cosmétique ;
  • L’adaptation des espèces végétales ou animales,
  • Les dispositifs de sauvegarde des populations et de la mise en place de réseaux d’aide régionale lors de catastrophes naturelles ;

Pour ne citer que cela.

Les projets innovants et les réalisations foisonnent dans nos outre-mer et nous les avons mis en exergue dans notre rapport, aussi nous avons pris le soin d’étudier les politiques publiques menées en matière de coopération décentralisée.

Notre groupe de travail, avec la contribution des meilleurs experts, a pu identifier la problématique centrale qui est celle de la sauvegarde et de la valorisation des biodiversités ultramarines.

Le tout, dans le respect de la diversité culturelle, car les ultramarins connaissent bien et respectent leurs territoires et nous ne réussirons à impliquer fortement les territoires qu’en sensibilisant leurs populations ; il y a donc une dimension éducative de première importance.

Pour conclure, et comme c’est très bien formulé dans l’exposé des motifs de la résolution, je me permettrai d’en reprendre les termes : « la COP 21 est le moment de mettre toute l’humanité en marche pour sa survie, Etats, citoyens, sociétés civiles et territoires » et, for du rapport que nous avons présenté, je peux vous l’affirmer : les outre-mer sont en ordre de bataille pour relever le défi climatique !

Je vous remercie.

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